30 mai : date à laquelle nous sommes devenus des victimes collatérales


Mardi 30 mai 2017. La visite de la Sûreté du Québec qu’aucun parent ne veut recevoir dans sa vie. Quelques heures plus tôt, l’aîné de notre famille recomposée de quatre enfants perdait la vie sous un tracteur, seul dans un champ isolé. Malgré ce qu’a révélé l’autopsie, on ne saura jamais vraiment ce qui s’est passé ce jour-là, ni comment cela s’est fait.


Chaque 28 avril, c’est le Jour de deuil en mémoire des victimes d’accidents du travail ou de maladies professionnelles. Moi, j’en parle en juin. J’en parle aussi en septembre et en février. J’en parle toute l’année parce qu’on ne peut jamais faire trop de sensibilisation aux accidents du travail. En 2021, 60 travailleurs et travailleuses ont perdu la vie dans un accident sur leur lieu de travail. Par ricochet, ce sont 60 familles brisées par un événement malheureux qui aurait possiblement pu être évité. Au total, les accidents du travail ont fait un peu plus de 93 000 victimes l’an dernier. C’est sans compter les victimes collatérales, c’est-à-dire des gens comme nous qui ont dû apprendre à vivre avec le vide laissé par pareille perte.


Pour moi qui vis dans un milieu agricole, juin est aussi le début de la haute saison. C’est une période où je prends souvent la parole parce qu’elle rime bien souvent avec longues heures de travail et fatigue, lesquelles s’accumulent et peuvent mener à un bête accident. Un bête accident qui coûte la vie au frère, au fils, à l’oncle ou à l’ami de quelqu’un. Dans le milieu agricole, il y en a chaque année. Et chaque fois, ça me bouleverse.


Prévenir les accidents du travail


Je suis bien consciente que le milieu agricole fait exception aux exigences de la CNESST à bien des égards, mais selon la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST) créée en 1979, chaque employeur est dans l’obligation de prendre les mesures nécessaires pour protéger la santé et assurer la sécurité et l’intégrité physique du travailleur. C’est une obligation légale.


Mais, concrètement, comment appliquez-vous cette loi? Comment identifiez-vous les risques en vue de mettre en place des mesures efficaces pour les atténuer, voire les éliminer?


Avez-vous un plan de formation précis pour les nouveaux employés afin qu’ils soient bien au fait des risques et qu’ils utilisent l’équipement de façon sécuritaire? Fournissez-vous tous les équipements de protection individuelle (EPI) nécessaires à l’exercice des fonctions de votre personnel?


Aussi petite soit votre entreprise, la santé et la sécurité, ça vous concerne. N’attendez pas un accident pour mettre en place de bonnes pratiques de prévention. Si vous ne vous sentez pas outillés pour le faire, sachez qu’il existe des experts en la matière. Leur travail consiste justement à vous aider à rendre votre milieu de travail sécuritaire pour tous.


Rédigé par Marie-Pascale Fortier

Coordonnatrice aux communications

Académie GRH inc.

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